Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/157

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


à la sienne. Il professait pour son père une admiration sans bornes.

Il accourut auprès de son père, amenant avec lui sa plus jeune fille, une charmante enfant de quinze ans.

Hiéyas habitait un château fort qu’il faisait construire depuis de longues années a Yédo et qui n’était pas complètement achevé. De la chambre dans laquelle il était étendu sur d’épais coussins, il voyait par la large ouverture de la fenêtre l’admirable Fouzi-Yama, dont la cime couverte de neige laissait échapper une légère fumée blanche.

— C’est ta fille ? dit Hiéyas, lorsque Fidé-Tadda fut près de lui avec l’enfant.

— Oui, père illustre, c’est la sœur cadette de l’épouse du siogoun.

– Du siogoun, répéta Hiéyas, en hochant la tête et en ricanant. Elle est fort jolie, la petite, continua-t-il après avoir quelques instants considéré la jeune fille qui rougissait et abaissait ses longs cils noirs sur ses joues, soigne-la bien, j’aurai besoin d’elle.

Puis il fit signe d’emmener l’enfant.

— Je vais peut-être mourir, mon fils, dit-il lorsqu’il fut seul avec Fidé-Tadda, c’est pourquoi je t’ai fait appeler ; je veux te donner mes dernières instructions, te tracer la ligne de conduite que tu dois suivre quand je ne serai plus là.

En entendant son père parler ainsi, Fidé-Tadda ne put retenir ses larmes.

— Attends ! attends ! s’écria Hiéyas en souriant, ne pleure pas encore, je ne suis pas mort et tu vas voir que mon esprit n’est pas obscurci comme voudrait le faire croire le vieux Mayada. Écoute-moi et garde mes paroles dans ta mémoire.