Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/182

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— Yamasiro n’est pas loin d’Osaka, dit le général, je t’enverrai souvent des nouvelles du camp.

— Oui, n’est-ce pas ? chaque jour, fais partir un messager.

— Que chaque jour il me rapporte un mot de toi. Adieu, la plus belle des princesses.

— Adieu, guerrier intrépide. Fasse le ciel que nous nous revoyions bientôt !

Harounaga s’éloigna, et lorsqu’il traversa la cour du palais, Yodogimi se pencha de la fenêtre pour le voir encore.

Le page qui tenait le cheval du guerrier apprit au général, tout en l’aidant à se mettre en selle, que des nouvelles des plus inquiétantes circulaient dans le château. L’avant-garde de l’armée ennemie avait été vue à Soumiossi, c’est-à-dire à quelques lieues d’Osaka ; les troupes du siogoun n’avaient donc pas réussi a barrer l’île de Nippon dans sa largeur, comme on l’avait projeté.

Harounaga se hâta de rejoindre son corps d’armée qui l’attendait, prêt à partir, hors des remparts du château.

Plusieurs cavaliers galopèrent à sa rencontre. Le siogoun venait d’arriver au campement, il demandait Harounaga.

— Ne va pas à Yamasiro, lui dit-il dès qu’il l’aperçut, gagne Soumiossi, et tâche d’écraser les rebelles, s’il est vrai qu’ils soient déjà établis en ce lieu.

— J’y cours, maître, dit Harounaga, et je jure d’être vainqueur.

Quelques instants plus tard, il quittait Osaka avec son armée.

À la même heure, plusieurs bateaux de pêche, profitant de la marée, sortaient du port, et, poussés par une forte brise, gagnaient la haute mer.