Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/191

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


où elles se trouvent et les empêche de rien distinguer dans l’obscurité où nous sommes. Approchons maintenant, et puisse notre folle entreprise se terminer à notre gloire !

Les trois barques s’éloignèrent l’une de l’autre, et chacune d’elles alla, sans faire plus de bruit qu’un goëland qui glisse sur l’eau, accoster l’un des navires.

Le canot qui portait le prince s’était approché de la plus grande des jonques ; elle était placée entre les deux autres.

L’ombre s’amassait plus intense encore sous les flancs bombés du navire, l’eau noire clapotait, faisant cogner la légère embarcation contre la coque géante ; mais le bruit se mêlait au choc incessant de l’eau à la chute continuelle d’une vague après l’autre sur les rives de l’île.

— Restons ici, dit le prince d’une voix à peine saisissable, on aurait beau se pencher du haut du navire, on ne pourrait pas nous voir.

— C’est vrai, dit Raïden, mais ici nous ne pourrons pas agir, la barque n’a pas assez de stabilité ; si nous pouvions atteindre la proue du vaisseau, nous serions plus à l’aise.

— Allons, dit le prince.

Tous trois agenouillés dans la barque, appuyaient leurs mains contre la jonque et avançaient rapidement ; quelquefois un heurt involontaire, qui leur semblait faire un bruit terrible, les faisait s’arrêter, puis ils repartaient. Ils atteignirent la proue du navire.

À ce moment la sentinelle cria :

— Oho !…

On lui répondit des autres jonques :