Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/25

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store baissé, voilant l’estrade réservée au siogoun. Les Seigneurs de la terre, princes souverains dans leur province, forment un grand cercle devant le trône, laissant un espace libre pour les treize membres du conseil.

Les conseillers arrivent bientôt ; ils se saluent les uns les autres et échangent quelques mots à voix basse, puis gagnent leur place.

À gauche, présentant le profil au store baissé, s’alignent les conseillers supérieurs. Ils sont cinq, mais quatre seulement présents. Le plus proche du trône est le prince de Satsouma, vénérable vieillard au long visage, plein de bonté. Près de lui s’étale la natte de l’absent. Puis vient le prince de Sataké, qui mordille ses lèvres, tout en disposant avec soin les plis de sa toilette. Il est jeune, brun de peau ; ses yeux, très noirs, sont d’une vivacité extraordinaire. Près de lui s’installe le prince de Ouésougui, homme un peu gras et nonchalant. Le dernier est le prince d’Isida, petit de taille et laid de visage.

Les huit conseillers inférieurs, accroupis en face du trône, sont les princes d’Arima, de Figo, de Vakasa, d’Aki, de Tosa, d’Issé et de Couroda.

Un mouvement se produit du côté de l’entrée et tous les fronts se courbent vers le sol. Le régent pénètre dans la salle. Il s’avance rapidement, n’étant pas embarrassé comme les princes par les plis du pantalon traînant, et il va s’asseoir, les jambes croisées, sur une pile de nattes à droite du trône.

Hiéyas était alors un vieillard. Sa taille se voûtait faiblement ; il était large des épaules, cependant, et musculeux. Sa tête, à demi rasée, montrait à découvert un front vaste, bosselé d’arcades sourcilières proéminentes. Sa bouche mince, à l’expression