Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/269

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Raïden, sans objecter que c’était peut-être impossible.

Ils étaient arrivés à la lisière du bois, au point par lequel ils étaient entrés dans le camp. On relevait les sentinelles et celle qui les avait introduits les reconnut.

— Vous repartez déjà ? dit-elle.

— Oui, dit Raïden, nous emportons des ordres.

— Bon voyage ! dit le soldat.

Et il fit signe à celui qui le remplaçait de les laisser passer.

— Eh bien ! l’on nous met presque dehors, dit Raïden lorsqu’ils furent dans la plaine.

Le prince marchait rapidement. On eut bientôt regagné les huttes. Tous les matelots étaient sur pied et en proie au désespoir. Ils coururent au-devant du prince.

— Maître ! maître ! crièrent-ils, nos barques sont brûlées. Qu’allons-nous devenir ?

— C’est cet infâme Hiéyas qui a fait cela, s’écria Loo ; mais je me vengerai de lui.

— Avez-vous vos armes ? demanda Nagato.

— Certes ! nous avons nos sabres et nos fusils.

— Eh bien, c’est à présent qu’il faut me montrer que votre courage est digne de la confiance que j’ai en lui. Il faut accomplir une action héroïque qui nous coûtera peut-être la vie. Nous allons pénétrer dans le camp de Hiéyas, sauter sur ses chevaux et fuir du côté de Kioto. Si nous ne sommes pas morts, nous serons dans la ville sacrée avant le lever du soleil.

— Très-bien ! dit Loo, entrons dans le camp de Hiéyas, j’ai mon idée.

— Nous sommes prêts à te suivre, dirent les matelots notre vie t’appartient.