Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/271

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Le vent soufflait toujours de grands éclairs bleus, par instant, emplissaient la nuit.

— Ah dieu des orages ! disait Loo tout en courant à quatre pattes sous tes feuilles, tu te conduis mal ; frappe sur tes gongs tant que tu voudras, mais éteins ta lanterne. Quant à toi, Futen, génie du vent, souffle ! souffle ! encore plus fort !

Excepté les sentinelles, tout le camp dormait ; dans les intermittences du vent, on entendait des respirations régulières, quelques ronflements. Loo se dirigeait, d’après les indications de Raïden, vers la tente de Hiéyas. Il l’atteignit et reconnut les draperies rouges qui faisaient comme une muraille autour de la tente. Deux archers se tenaient devant l’entrée. Au-dessus d’eux, à des poteaux, étaient accrochées des lanternes ; ils s’appuyaient du dos aux poteaux.

— Oui ! oui ! regardez du côté de la mer les dernières lueurs de nos barques qui brûlent, disait Loo, cela vous empêchera de me voir passer.

Il se glissa au-dessous de la draperie en s’aplatissant contre terre ; mais, pour atteindre la tente, il lui restait un assez large espace nu et éclairé a franchir.

Il hésita un instant et jeta un regard aux archers.

Ils me tournent le dos, dit il de plus, je crois qu’ils dorment debout.

Il se leva et, en trois bonds, atteignit le bord de la toile ; puis, il se coula dessous.

Une lanterne bleue éclairait l’intérieur de la tente. Hiéyas, couché sur un matelas de soie, le haut du corps soulevé par un grand nombre de coussins, dormait d’un sommeil pénible ; la sueur perlait sur son front ; il respirait bruyamment.

Loo leva les yeux sur l’ancien régent et lui fit une grimace, puis il promena son regard autour de la tente.