Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/304

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— Nous sommes tes esclaves soumis, dit le ministre de la Main-Gauche.

— Si vous êtes mes esclaves, obéissez-moi, s’écria le fils des dieux, j’ordonne que tout soit fini, que la guerre cesse, et que toute chose rentre dans l’ordre habituel.

— Seigneur divin ! maître de nos destinées ! dit le prince de Nagato, me permets-tu de parler en ta présence ?

— Parle, dit le mikado.

— Le monstre que l’on nomme Hiéyas, dit le prince, ne redoute rien et insulte les dieux ; pourtant si l’ordre que tu viens de donner, lui était signifié à la face du Japon tout entier, il serait contraint d’obéir et consentirait à la paix.

— Explique-toi, dit Go-Mitsou-No.

— C’est avec douleur que je constate, continua le prince, que, malgré les défaites nombreuses qu’il a essuyées, Hiéyas est encore le plus fort, ses partisans augmentent de jour en jour, mais ils diminueraient rapidement et bientôt tous l’abandonneraient si, ouvertement, il résistait à un ordre universellement connu, émanant du mikado.

— Cela n’est pas douteux, s’écriaient les ministres et les seigneurs.

— Que faut-il faire ? demanda le mikado, en s’adressant au prince de Nagato.

— Maître sublime, dit le prince, je suis d’avis qu’il faudrait envoyer dans toutes les villes, dans tous les bourgs, un héraut qui proclamerait ta volonté ; en même temps, adresser, à Fidé-Yori et à Hiéyas, une députation composée d’un grand nombre d’hommes, qui auraient pour mission de leur signifier qu’ils aient à faire cesser la guerre, que telle est ta volonté.