Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/305

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— On suivra ton conseil, dit le mikado, il est bon. Pour t’en remercier, je te donne le titre de Naï-daï-Tsin.

— Seigneur, s’écria le prince, je ne suis pas digne d’un tel honneur.

— Que l’on fasse partir promptement les envoyés, dit le mikado. Plus de guerre, le repos, la paix comme autrefois. Je me sens épuisé par toutes ces émotions, ajouta-t-il plus bas en s’adressant au premier ministre, je pourrais bien en mourir.

On se sépara bientôt.

En sortant du château, le prince de Nagato rencontra un messager qui le cherchait.

— D’où viens-tu ? demanda Ivakoura.

— De Nagato.

Alors le messager raconta tous les événements qui s’étaient accomplis dans la province : les batailles, la prise d’Hagui, la capture de Fatkoura par le seigneur de Toza.

— Comment ! s’écria Nagato, Fatkoura est entre les mains de ce misérable qui fait décapiter les princes. Je ne puis retarder un instant de plus ma vengeance. Je vais partir sur-le-champ, pour aller la délivrer et faire payer cher à cet infâme ses crimes et son impudence.

Le prince s’informa de sa petite troupe. Il voulait savoir ce que le combat du matin lui en avait laissé. Sur les deux cents matelots, quatre-vingts avait été tués, cinquante étaient blessés, soixante environ en état de se remettre en route.

Raïden avait eu le bras traversé d’une flèche, mais l’os n’avait pas été atteint ; le matelot s’était fait panser et prétendait ne plus rien sentir. Il supplia le prince de l’emmener.