Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/31

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Fidé-Yori prit un rouleau de papier sur une étagère. Ils lurent « Quai du Yodo-Gava, place du Marché-aux-Poissons, route des Sycomores, plage de la Mer. Retour par la colline des Bambous, le pont de l’Hirondelle… »

— Les misérables ! s’écria Ivakoura, c’est le pont suspendu au-dessus de la vallée !

— L’endroit serait bien choisi, en effet, dit le siogoun.

— Il est certain qu’il s’agit de ce pont ; ceux qui franchissent les innombrables canaux de la ville ne t’exposeraient pas à la mort en s’écroulant sous tes pieds, mais tout au plus à un bain désagréable.

— C’est vrai, dit Fidé-Yori, et du pont de l’Hirondelle, on serait précipité sur des rochers.

— As-tu pleine confiance dans mon amitié pour toi ? dit le prince de Nagato après avoir songé un instant.

— En doutes-tu, Ivakoura ? dit le siogoun.

— Eh bien, ne crains rien, feins de tout ignorer, laisse-toi conduire et marche droit au pont. J’ai trouvé le moyen de te sauver, tout en découvrant la vérité.

— Je me fie à toi, ami, en toute sécurité.

— Alors, laisse-moi partir le temps me presse pour exécuter mon projet.

— Va, prince, je te confie ma vie sans trembler, dit le siogoun.

Nagato s’éloigna rapidement après avoir salué le roi, qui répondit par un geste amical.