Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/327

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Le jour même, en effet, le jeune général, accompagné d’une escorte nombreuse et magnifique, partit pour le camp de l’usurpateur.

Hiéyas, après l’incendie de la forêt, dans lequel une partie de ses hommes avaient péri, s’était installé dans la plaine voisine. Il ne voulait pas abandonner cette position si proche d’Osaka. Du renfort lui était arrivé ; il avait alors marché contre Harounaga, qui occupait encore Soumiossi. Le général avait été battu et son armée mise en déroute. Cependant Hiéyas n’avait laissé qu’une avant-garde sur l’emplacement conquis et avait regagné son camp. C’était là que lui était parvenu l’ordre de faire la paix, émanant du mikado. Hiéyas avait alors appelé près de lui quelques-uns des seigneurs de son conseil : Ovari, Dathé, Todo, Couroda ; tous furent d’avis qu’il était impossible de résister à l’ordre du fils des dieux ; qu’il fallait céder en apparence, mais créer un obstacle à la signature du traité.

— Faisons en sorte que Fidé-Yori refuse de signer la paix, disait Hiéyas. De cette façon, c’est sur lui que la colère du ciel tombera.

À sa grande surprise, on annonça à Hiéyas l’arrivée d’un envoyé d’Osaka. Fidé-Yori acceptait donc les conditions imposées.

— Quel est celui qu’il envoie ? demanda Hiéyas.

Le général Signénari.

Le jeune guerrier, dont l’héroïsme était connu, inspirait une profonde estime même à ses ennemis. Lorsqu’il arriva, dans son costume militaire, et traversa le camp à cheval, les princes souverains le saluèrent.

Signénari ne répondit pas aux saluts.

— Que signifie cet orgueil ? demanda un seigneur.

Quelqu’un dit :