Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/335

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— Elle est pleine d’une grâce exquise, petite, les yeux très grands, elle a l’air d’une enfant ; son sourire est une fleur pleine de rosée.

— Le portrait manque un peu de précision, dit Ivakoura en souriant. N’importe, cherchons ; tu es là pour rectifier les erreurs que je commettrai.

Ils ordonnèrent aux bateliers de ramer rapidement et de parcourir toute la partie du fleuve sillonnée par les embarcations illuminées. Le léger bateau se mit à glisser comme une hirondelle. Il allait, venait courait d’une rive à l’autre sans jamais se heurter aux autres barques. Pas une n’échappait aux regards scrutateurs des deux amis, mais leurs recherches demeuraient infructueuses.

— Elle se nomme Omiti tu ne sais rien de plus ? disait Nagato.

— Rien. Je crois pourtant que la famille à laquelle elle appartient fait partie de mes ennemis. En me révélant l’existence du complot, elle a refusé de m’en nommer les auteurs.

— Ah ! s’écria tout à coup Nagato, vois donc cette jeune fille là-bas, n’est-ce pas celle que tu cherches ? jamais je n’ai vu d’aussi beaux yeux.

Fidé-Yori se retourna vivement.

— Ah ! dit-il, tu te moques, elle a les lèvres épaisses et le nez écrasé.

— C’est vrai, dit Nagato, pardonne-moi, de loin elle m’avait semblé jolie.

Le bateau qui les portait arriva au point où le fleuve s’élargissait, et d’où les pièces d’artifice continuaient à s’envoler vers le ciel.

Ce fut à son tour Fidé-Yori qui poussa un cri.

À travers une gerbe de feu il avait cru voir le visage d’Omiti, et lui ne se trompait pas.