Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/360

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du danger ! s’écriait-elle dans ses nuits d’insomnie.

Un jour qu’elle brodait dans sa chambre, elle s’aperçut que ceux qui parlaient dans la salle d’en bas baissaient la voix. D’ordinaire ils s’inquiétaient peu d’être entendus. Son cœur bondit dans sa poitrine.

— Il faut absolument que j’entende ce qu’ils disent, murmura-t-elle.

Elle s’avança au bord de l’escalier et prenant la rampe elle se laissa glisser jusqu’en bas légère comme une étoffe.

La conversation était engagée, elle en surprit des lambeaux.

— Oui, cette plage est déserte.

— On entrerait dans l’auberge par la porte qui est du coté de la mer.

— Et l’on en sortirait par petits groupes du côté de la rue.

— Il faut que les soldats soient déguisés en artisans.

— Certes, mais qu’ils gardent leurs armes sous leurs vêtements.

— La ville est très agitée déjà, on se porterait en masse vers la forteresse, et l’on sommerait le siogoun de déposer le pouvoir.

— S’il refuse nous envahirons le palais et nous nous emparerons de sa personne.

Omiti frissonnait d’horreur.

— Il faut absolument que je sorte d’ici, que je donne l’alarme, murmurait-elle.

Les conspirateurs continuèrent :

— Il faut se hâter, demain, à la nuit close, les soldats pourront débarquer.

— Aussitôt après, une cargaison de riz et de blé arrivera.