Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/380

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tache les cordons de mon casque, elle me fait un petit coussinet sous le menton et le préserve du frottement.

— Soit, garde ta barbe, mais rase ton château, dit Hiéyas en souriant ; tes soldats pourront te servir en cela.

— Si tu y tiens à ce point, je demanderai à Fidé-Yori s’il veut m’autoriser à te céder ce château. Je retourne d’ailleurs vers mon maître. N’as-tu rien à lui faire savoir ?

— Tu peux lui dire que je suis irrité contre lui, dit Hiéyas.

— Pour quelle raison ?

— Parce que sur la cloche de bronze, qu’il a dédiée au temple de Bouddha, il a fait graver les caractères qui composent mon nom, et l’on tape dessus soir et matin.

— Comment ! s’écria Kiomassa, Fidé-Yori a fait graver sur cette cloche ces mots : Désormais ma maison sera tranquille.

— Je te dis, moi, que tous les caractères de mon nom composent cette phrase, et que c’est sur mon nom, en le maudissant, que l’on frappe avec le maillet de bronze.

— Je ferai savoir au siogoun que cette coïncidence te blesse, dit Kiomassa, sans rien perdre de sa placidité.

— Il revint à Osaka et raconta comment il avait été reçu par Hiéyas. L’insolence moqueuse et la querelle futile imaginée par l’ancien régent indiquaient suffisamment les intentions hostiles de ce dernier, qui ne cherchait même pas à les déguiser.

— Cette conduite équivaut à une déclaration de guerre, dit Fidé-Yori ; nous devons la considérer