Page:Gautier - Le Collier des jours.djvu/165

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chaque côté, scellées aux murailles, des stalles en bois de chêne ; au fond, au-dessous des tribunes mais plus au milieu, des bancs surélevés étaient réservés à la supérieure et à ses assistantes, et dominés par les stalactites luisantes des tuyaux de l’orgue. Le quatrième côté était occupé tout entier par une vaste grille, formée de petits carrés, comme toutes les grilles du couvent ; deux rideaux noirs, courant sur des tringles la voilaient à mi-hauteur ; ces rideaux restaient ouverts pendant les offices. De l’autre côté c’était l’église, avec le maître-autel en face de la grille. Je m’aperçus bientôt que cette petite église était publique : les gens du dehors y venaient, et, par cela elle prenait pour moi un intérêt extrême. Puisqu’on y entrait, on pourrait peut-être en sortir. Au moment de la communion un carré s’ouvrait dans le grillage ; nappe blanche et le prêtre descendu de l’autel venaient s’agenouiller là devant une petite nappe blanche et le prêtre descendu de l’autel leur donnait l’hostie. L’ouverture était assez large pour qu’une grande personne pût y passer aisément et, une fois de l’autre côté, la rue toute proche… oui, mais, dès que l’officiant était reparti, on fermait la petite porte et on l’assujettissait par un cadenas.

Tout de même cette chapelle, où le monde extérieur avait accès, me parut être le point fai-