Page:Gautier - Le Collier des jours.djvu/225

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LII




À la rentrée, je trouvai, au couvent, une nouvelle novice qui était chargée de surveiller les études de piano, pour soulager un peu la sœur Fulgence.

Deux fois par semaine, je me remis à recevoir, stoïquement, le fouet, appliqué à l’aide des verges trempées dans le vinaigre, et la Ronde des Porcherons n’en tourna pas mieux.

Quand j’étais censée étudier seule, je me livrais à différentes fantaisies, pour rompre un peu la monotonie des gammes. Par exemple, je me couchais à plat ventre sur le piano (c’était toujours un piano plat et carré) et penchée vers le clavier, je jouais à l’envers, trouvant cela plus compliqué et plus amusant. J’avais été surprise au cours de cette innovation, et l’on jugeait prudent de m’adjoindre une surveillante.

Cette novice, qu’on appelait sœur Anaïs, ne