Page:Gautier - Le Dragon Impérial, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/167

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


CHAPITRE XIII


ROSES, PERLES, FLEURS


Il avait naguère autant de rêves qu’il y a de fleurs de pêcher sur la colline orientale ;

Mais maintenant son front n’a plus qu’une pensée,

Comme une porcelaine blanche où trempe une pivoine.


Le prince Ling suivit Yo-Men-Li des yeux aussi longtemps qu’il put la voir. Lorsqu’elle eut disparu avec l’eunuque il rentra lentement, rêveur.

— J’étais un guerrier dans une plaine brûlante, écrasé sous le poids de son armure en corne noire ; mais soudain un serviteur inconnu m’enlève ma lourde cuirasse, un vent parfumé souffle de l’est, et je pense qu’à l’été lourd succède le tiède printemps.

Il remonta les escaliers des terrasses. Le regard levé vers la lune, il souriait et murmurait :

— Yo-Men-Li ! Yo-Men-Li !