Page:Gautier - Le Dragon Impérial, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/215

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CHAPITRE XVII


LE TIGRE DE JADE


Vaincu par la flèche du chasseur de Tartarie, le grand tigre est renversé sur le dos dans les ronces du ravin.

Mais dans sa gueule ouverte, comme dans le tronc d’un saule creux, les abeilles ont déposé leur miel,

Et la gueule du tigre, béante, apparaît pleine d’or.


— Eh bien ! s’écria Ko-Li-Tsin, en franchissant la porte ruinée de la pagode de Koan-In, me suis-je trompé ? Où sommes-nous ? Où est l’escalier d’albâtre ? N’est-ce pas ici que je me suis battu ?

— C’est bien ici, dit Yu-Tchin ; mais l’escalier est démoli, et la pagode, pendant trois jours, a brûlé.

— Misérable Ko-Li-Tsin ! gémit le poète, que faisais-tu dans ta prison ? Paresseux et prudent, tu soignais tes blessures, tu préparais jour à jour ton évasion, et tu as perdu un mois, et tu as tout perdu ! Il fallait fuir tout de suite, t’accrocher aux saillies