Page:Gautier - Le Dragon Impérial, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/252

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CHAPITRE XXI


LA VALLÉE DU DAIM BLANC


On va à la gloire par le palais, à la fortune par le marché, à la vertu par le désert.


Le jour doré tombait dans la profondeur de la vallée. Le soleil, triomphant des vapeurs matinales, les dispersait comme des plumes de cygne. Sur les pentes des montagnes humides et brillantes se répandaient d’onduleuses cascades, pareilles à des chevelures argentées par les ans. Les sommets qui déchirent les nuages paraissaient fumer lentement, et, au fond de la vallée, le lac qui les reflète était de cristal bleu.

Sur les plateaux des Montagnes Fleuries, au lieu de neige, blanchissent éternellement des camélias purs ; du haut en bas s’accrochent aux flancs des collines d’immenses touffes de magnolias, des badianes étoilées, des clématites, des pivoines arborescentes. Les amandiers en fleur, les pêchers, les