Page:Gautier - Le Dragon Impérial, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/282

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CHAPITRE XXIV


YO-MEN-LI


Hélas ! d’où viens-tu, petite hirondelle noire, avec ta plume ébouriffée et tes jolis yeux effrayés ?

Les pêchers fleuris disaient : « Est-ce qu’un oiseau de proie, tombé des nuages, a mangé la cervelle de la petite hirondelle noire ? »

Le ruisseau où tu allais boire disait : « Elle a peut-être commis l’imprudence d’aller se désaltérer dans quelque grand fleuve ;

« Et ses ailes, tout à coup mouillées par un flot, sont devenues pesantes au point de ne pouvoir plus s’envoler. »

Les pêchers, le ruisseau se trompaient. L’hirondelle, en voletant dans les petits cadres d’un treillis, a fait des confidences à l’oreille d’un poète.


Lorsque, sortie enfin de la Ville Rouge, Yo-Men-Li était entrée dans la Pagode de Koan-In, des soldats