Page:Gautier - Le Dragon Impérial, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/281

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Puis, appuyé d’une main sur l’épaule d’un eunuque, il sortit lentement de la salle.

Cependant un mandarin-juge s’approcha du maître, qui méditait tristement, et son front frappa les marches du trône.

— Que veux-tu ? dit Kang-Shi.

— Souverain clément ! dit le juge, toi qui pleures autant de larmes qu’il tombe de gouttes de sang dans une bataille, m’autoriserais-tu, si cela était en mon pouvoir, à sauver l’Empire par un moyen pacifique qui ne compromettrait nullement, en cas d’insuccès, le plan de défense du noble Chef de l’Armée Tartare ?

— Si ton artifice peut empêcher l’effusion du sang, dit Kang-Shi, emploie-le.

Et le Fils du Ciel, d’un geste, congédia les mandarins et demeura seul, dans la salle, sur son trône.

— Ô solitaire de la Vallée du Daim Blanc, dit-il, si ce jour est le dernier de mon règne, que le Dragon m’emporte vers les pays d’en haut avant le soleil couché !