Page:Gautier - Le Dragon Impérial, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/298

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CHAPITRE XXVI


LE PAVILLON DES TULIPES D’EAU


J’ai vu un chemin doucement obscurci par les grands arbres, un chemin bordé de buissons en fleurs.

Mes yeux ont pénétré sous l’ombre verte et se sont longuement promenés dans le chemin.

Mais à quoi bon prendre cette route ? elle ne conduit pas à la demeure de celle que j’aime.

Quand ma bien-aimée est venue au monde, on a enfermé ses petits pieds dans des boîtes de fer ; et ma bien-aimée ne se promène jamais dans les chemins.

Quand elle est venue au monde on a enfermé son cœur dans une boîte de fer ; et celle que j’aime ne m’aimera jamais.


À travers les rangs des soldats stupéfaits, franchissant les dragons de bronze alignés à l’embouchure des rues, ensanglantant les flancs de son