Page:Gautier - Le Dragon Impérial, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/48

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nymphéas bleus, de bambous à aigrettes, de nélombos roses, et, plus haut, près du rempart extérieur, entre des monuments somptueux, s’étend la Mer du Nord ; à l’ouest, au-dessus des pagodes et des palais déchus, monte l’Observatoire de Kang-Shi : du sommet de la tour carrée, où les lettrés se réunirent jadis pour admirer les astres, souvenirs des astronomes arabes attachés aux empereurs Mongols, des instruments et des machines astronomiques, soutenus par de merveilleux dragons de bronze vert, tendent vers le ciel leurs grands bras extravagants ; au sud, enfin, s’élève le pavillon à trois étages de la Porte de l’Aurore.

Plus loin encore rampe la Cité Chinoise, dont les toits bas semblent une troupe de tortues ; leur monotone ondulation n’est dépassée de loin en loin que par la potence peinte en rouge d’une balançoire publique ou par quelqu’une de ces minces tours à sept étages destinées, par leur poids immobile, à fixer le pouls du Dragon de la Terre, et à faire naître dans leur ombre des poètes glorieux.

Au delà de la Cité Chinoise apparaissent les formidables remparts avec leurs grands créneaux, leurs lourds bastions, leurs portes lamées de fer et boulonnées d’or ; et derrière eux, quelques faubourgs misérables sont accroupis auprès de la ville superbe, comme des mendiants sur les marches d’un palais.

Dans le lointain, la plaine unie, verte, dorée, sans bornes ; puis, vaporeux et vagues, les trente-six palais de Yuan-ming-yuan, la résidence d’été ;