Page:Gautier - Le Dragon Impérial, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/50

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CHAPITRE III


LA PRUDENCE DE KO-LI-TSIN


Le voyageur qui vient de loin dans la poussière et sous le soleil

Chemine péniblement, et dans son esprit mille projets se construisent ;

Il songe à l’auberge pacifique, aux cuisines parfumées et à la table où il s’accoudera

En tournant la face du côté de la route qui s’éloigne vers l’avenir.


— Et moi, dit Ko-Li-Tsin en entrant à la suite de Ta-Kiang dans la Cité Chinoise, je crois voir déjà le Dragon à Cinq Griffes tordre ses anneaux d’or sur ma robe de mandarin et le globule de saphir rayonner à ma calotte ; je suis le Grand Cèdre de la Forêt des Mille Pinceaux, et le Fils du Ciel, la tête dans sa main, écoute avec extase les vers que j’improvise. Un, deux, trois, quatre, cinq, ajouta le poète en comptant sur ses doigts.