Page:Gautier - Le Japon (merveilleuses histoires), 1912.djvu/34

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les costumes anciens

On ne peut s’en faire une idée qu’au Musée de figures de cires qui se trouve dans l’enceinte d’Asakusa. On y voit d’abord des Japonaises modernes, admirant les costumes de leurs ancêtres. Elles vont, les pieds tournés en dedans, ce qui est une marque d’élégance : cela prouve que dès leur plus tendre jeunesse, on leur a comprimé les hanches pour les garder étroites, ce qui constitue un charme de plus. Leurs chignons, très hauts, noirs et luisants semblent un parterre d’où sortent des fleurs de toutes formes et de toutes nuances, montées sur des épingles. Les robes sont simples et d’une seule couleur, mais la fantaisie paraît dans le choix de la ceinture. Rien n’est trop riche pour cet ornement symbolique. C’est toute une science que de faire le grand nœud en ailes de papillon qui complète la toilette féminine ; il y a des modes auxquelles on ne saurait se soustraire. Puis, ce qui ne semble, au premier abord, qu’un prétexte de coquetterie est en réalité une indication précieuse servant à reconnaître l’état-civil de chaque gracieuse silhouette : les jeunes filles ne mettent pas leur ceinture comme les femmes ; les riches font un nœud serré sur l’estomac, et les servantes sont obligées d’arranger les coques d’une façon toute différente.

Les fillettes sont de petites femmes en miniature, mais leurs robes sont un peu plus éclatantes que celles des grandes personnes, tandis que leurs cheveux