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Les Fêtes

des cloches, on s’adressait des félicitations et des vœux de bonne année.

Il y avait encore en mars la Fête des Petites Filles, ou Fête des Poupées, et en mai la Fête des Garçons. Ce jour-là, chaque famille hissait sur le toit de sa maison, autant de poissons en papier qu’elle comptait de garçons. En juillet, on célébrait la Fête des Premières Chaleurs ; en octobre celle d’Ebisu, Dieu du Bonheur. Mais, sans contredit, les plus séduisantes sont les Fêtes de Nuit. Une des plus charmantes est la Fête des Lanternes.

De toutes parts, des lanternes multiformes et multicolores, décorent les maisons, jettent leurs lumières, et font briller les broderies, les riches étoffes des toilettes des promeneurs. Au sommet de longues tiges de bambous, alignées de chaque côté des rues, sont suspendues, tantôt de minces banderoles en soie, en papier doré, tantôt des houppes de crins, des plumets, des pompons ; ailleurs, des poissons en paille laquée, attachés par les ouïes, se balançaient au haut d’un mât. De longues bannières flottantes montrent et cachent tour à tour, selon le caprice du vent, des armoiries, des fleurs, des animaux fantastiques, brodés dans leurs plis, ou bien, immobiles, tendues sur des cadres de roseaux, laissent voir de gigantesques personnages : dieux, souverains, guerriers illustres ; ou encore, en caractères d’or, des sentences, des satires, des vers fameux. Les marchands d’objets d’art, de bronzes, d’émaux,