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Page:Gautier - Le Roman de la momie, Fasquelle, 1899.djvu/134

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statues de prisonniers accroupis sous la tablette.

Les officiers de la maison du roi, les eunuques, les serviteurs, les esclaves, prévenus de l’approche de Sa Majesté par la fanfare des clairons et le roulement des tambours, s’étaient portés à sa rencontre, et l’attendaient agenouillés ou prosternés sur le dallage des cours ; des captifs de la mauvaise race de Schéto portaient des urnes remplies de sel et d’huile d’olive où trempait une mèche dont la flamme crépitait vive et claire, et se tenaient rangés en ligne, de la porte du palais à l’entrée de la première enceinte, immobiles comme des lampadaires de bronze.

Bientôt la tête du cortège pénétra dans le palais, et, répercutés par les échos, les clairons et les tambours résonnèrent avec un fracas qui fit s’envoler les ibis endormis sur les entablements.

Les oëris s’arrêtèrent à la porte de la façade, entre les deux pavillons. Des esclaves apportèrent un escabeau à plusieurs marches et le placèrent à côté du brancard ; le Pharaon se leva avec une lenteur majestueuse, et se tint debout quelques secondes dans une immobilité parfaite. Ainsi monté sur ce socle d’épaules, il planait au-dessus des têtes et paraissait avoir douze coudées ; éclairé bizarrement, moitié par la lune qui se levait,