Page:Gautier - Le Roman de la momie, Fasquelle, 1899.djvu/258

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XIII

Le courant d’air frais que produisait le mouvement rapide du char fit bientôt revenir Tahoser à la vie. Pressée et comme écrasée contre la poitrine du Pharaon par deux bras de granit, elle avait à peine la place d’un battement pour son cœur et sur sa gorge pantelante s’imprimaient les durs colliers d’émaux. Les chevaux, auxquels le roi rendait les rênes en se pendant vers le bord du char, se précipitaient avec furie ; les roues tourbillonnaient, les plaques d’airain sonnaient, les essieux enflammés fumaient. Tahoser, effarée, voyait vaguement, comme à travers un rêve, s’envoler à droite et à gauche des formes confuses de constructions, de masses d’arbres, de palais, de temples, de pylônes, d’obélisques, de colosses rendus fantastiques et terribles par la nuit. Quelles pensées pouvaient traverser son esprit pendant cette course effrénée ? Elle n’avait pas plus d’idées que