Page:Gautier - Le Roman de la momie, Fasquelle, 1899.djvu/295

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


XVI

À quelques jours de là, Pharaon côtoyait le Nil, debout sur son char et suivi de son cortège ; il allait voir quel degré atteignait la crue du fleuve, lorsqu’au milieu du chemin se dressèrent comme deux fantômes Aharon et Mosché. Le roi retint ses chevaux, qui secouaient déjà leur bave sur la poitrine du grand vieillard immobile.

Mosché, d’une voix lente et solennelle, répéta son adjuration.

« Prouve par quelque miracle la puissance de ton Dieu, répondit le roi, et je t’accorde ta demande. »

Se tournant vers Aharon, qui le suivait à quelques pas, Mosché dit :

« Prends ton bâton et étends la main sur les eaux des Égyptiens, sur leurs rivières, leurs fleuves, leurs lacs et leurs rassemblements d’eau ; qu’ils deviennent du sang ; il y aura du sang dans