Page:Gautier - Le Roman de la momie, Fasquelle, 1899.djvu/86

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des lignes si pures, des arêtes si fines, et découpait ses narines d’un trait si net que toute femme ou toute déesse s’en serait contentée, malgré son profil imperceptiblement africain ; le menton s’arrondissait par une courbe d’une élégance extrême, et brillait poli comme l’ivoire ; les joues, un peu plus développées que chez les beautés des autres peuples, prêtaient à la physionomie une expression de douceur et de grâce d’un charme extrême.

Cette belle fille avait pour coiffure une sorte de casque formé par une pintade dont les ailes à demi déployées s’abattaient sur ses tempes, et dont la jolie tête effilée s’avançait jusqu’au milieu de son front, tandis que la queue, constellée de points blancs, se déployait sur sa nuque. Une habile combinaison d’émail imitait à s’y tromper le plumage ocellé de l’oiseau ; des pennes d’autruche, implantées dans le casque comme une aigrette, complétaient cette coiffure réservée aux jeunes vierges, de même que le vautour, symbole de la maternité, n’appartient qu’aux femmes.

Les cheveux de la jeune fille d’un noir brillant, tressés en fines nattes, se massaient de chaque côté de ses joues rondes et lisses, dont ils