Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/102

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V


Le long de la mer, dans l’exquise fraîcheur du matin, quelques cavaliers arabes escortent une litière, portée par quatre mules blanches.

L’azur des premières lames est assombri par l’ombre de rochers gigantesques, qui bordent le rivage et derrière lesquels le soleil se lève. Et ces grandes ombres des montagnes créent sur la plage une atmosphère bleue et froide où la blancheur laiteuse des mules éclate vivement. Les bêtes fringantes sont joliment harnachées de cuirs de couleur découpés à jour et ornés de paillettes et de cabochons. À chacun de leurs pas on voit luire leurs fers d’argent, et elles secouent sur leur front des franges et des houppes soyeuses.