Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/119

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Un coffret de velours bleu, à coins d’argent, que Nahâr lui présentait tout ouvert, contenait tous les objets nécessaires à un pansement, et Gazileh, d’une main légère ot experte, rapprocha les bords de la plaie, qu’elle lava plusieurs fois avec un baume puissant, sous lequel le sang se figea ; puis elle la couvrit d’amadou et entoura la tête d’un bandeau serré.

— Je crois que tu assistes un mort, disait Nahâr.

— Mort ? Non, il ne l’est pas. Je sens battre son cœur sous ma main. L’épaisseur du casque a amorti le coup ; c’est sa brisure qui a creusé cette plaie affreuse. Mais l’os n’est pas atteint, et la blessure peut n’être pas mortelle. Vois, il soupire… Aide-moi ; essayons de le faire boire.

Elle prit vivement, dans le coffret, un gobelet et y versa tout le contenu d’un flacon d’or.

— L’élixir ! s’écria Nahâr… Ah ! princesse, tu oublies donc combien des nôtres il a tué ? C’est crime, vraiment, de vouloir ressusciter un pareil adversaire.

— Ne serait-ce pas humiliant pour la vaillance de nos guerriers de laisser mourir celui-ci à cause de sa vaillance ? Aide-moi !