Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/124

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Hama, accablé par les défaites, qu’à la condition que je lui serai livrée comme otage. À la moindre irritation contre le vaincu, l’implacable prophète me brisera. Et quel secours espérer dans cette inaccessible forteresse, dont la vue seule fait frémir ?

— N’y entrez pas. Fuyez : je vous protégerai.

— Et alors mon bien-aimé prince tomberait sous le poignard !… Non, je dois me résigner. D’ailleurs, la fuite est impossible. Les gens qui nous conduisent veillent aux alentours ; ils se sont éloignés pour ne pas dénoncer par leur présence, sans doute, notre refuge ; mais ils ne nous laisseraient pas nous échapper…

Des cris éclataient, de plus en plus proches. Celui-ci domina bientôt :

« Dieu aide son Sépulcre ! »

— Victoire au Christ ! s’écria Hugues. Ce sont les Francs !

Des Arabes passaient au galop de leurs chevaux. Ils criaient : « Dieu est grand ! » tout en fuyant, sans désordre toutefois.

— Viens vite, princesse, dit Nahâr : nos gardiens te cherchent.

— Adieu, dit Gazileh.