Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/127

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— Nous étions tout près de rejoindre l’avant-garde, que vous commandiez, quand votre messager accourut pour nous dire de ne pas avancer, qu’il y avait trahison. Au lieu de nous arrêter, cette nouvelle nous a fait nous jeter en avant pour vous secourir. Mais les ennemis ont fui devant nous sans accepter le combat. Ils ont disparu dans ce château, au pied duquel le roi a fait dresser son camp. Il va assembler le conseil afin de délibérer sur ce qu’il nous reste à faire, pour tirer vengeance de ce chien.

— Pourrai-je assister au conseil ? demanda Hugues au médecin.

— Sa Majesté attend que je me prononce sur votre état, répondit celui-ci.

— Il n’est pas en danger ? demanda Homphroy.

— Non, connétable ; j’espère même une prompte guérison. Je vais dire au roi qu’il peut assembler le conseil ici même, comme il le désire.

Et le savant arabe sortit de la tente.

— Hugues ! mon cher Hugues ! s’écria alors Homphroy, que je suis heureux de vous voir revivre. C’est moi qui vous ai découvert parmi les morts. Dieu ! avec quelle douleur ! car vous sembliez n’être plus de ce monde… Mais dites--