Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/128

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


moi, maintenant que nous sommes seuls, comment se peut-il que, navré si grièvement et n’ayant pas un vivant auprès de vous, nous vous ayons trouvé pansé si merveilleusement que le médecin n’a rien trouvé à reprendre ?

— Ah ! c’est donc vrai ! je n’ai pas rêvé ! dit le blessé. C’est elle ! Elle est venue ! Je sais son nom !… Le Christ a fait pour moi un miracle : il a exaucé mon vœu, et il me laisse la vie !

— Quoi ?… Cette infidèle, vous l’avez revue ? Mais, silence ! Voici les damoiseaux qui viennent disposer des sièges : le roi est impatient de délibérer.

Amaury parut presque aussitôt, en effet, et s’approcha du blessé.

— Que Dieu vous conserve à notre amour, lui dit-il, vous, un de nos plus parfaits chevaliers ! Dans quel état vous voici !

— Votre compassion m’est bien précieuse, sire, dit Hugues. J’espère vous servir encore, avec l’aide du Christ.

— Pouvez-vous me dire, sans lassitude, en quelles circonstances le prince des Montagnes vous a attaqué ?

Hugues se souleva un peu, tandis que Hom-