Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/129

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


phroy lui amassait des coussins derrière le dos. Il répondit :

— Nous campions depuis trois jours dans ce haut val où vous nous avez trouvé, sans voir âme qui vive, sans que rien ait bougé dans le château muet. Des hérauts envoyés par moi, tout d’abord, restèrent une demi-journée au pied des murailles, sonnant de leurs trompettes, sans obtenir de réponse. Plusieurs des nôtres disparurent, entre autres mon écuyer Urbain, le fils du vicomte de Chaco. Je pensais que le Vieux de la Montagné, qui passe pour être un magicien, voulait surprendre notre imagination par quelque étrangelé ; mais la surprise fut autre : une troupe de cavaliers, dix fois nombreuse comme celle que je commandais, se jeta sur nous à l’improviste et nous mit dans l’état que vous voyez.

— Et, devant moi, cette même troupe a fui, précipitamment, en refusant le combat, dit le roi. On a cru voir un signal sur le donjon du château. Je redoute un piège. Ces sectaires ont la réputation de ne jamais reculer, et le Vieux de la Montagne nous laisse nous installer bien près de sa ville et de son château.

— Voici le conseil du roi, dit le connétable.