Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/134

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dames nous accompagnaient et que nous avons chassé tout le long du chemin. Et voilà que nous arrivons pour relever des morts et des blessés… Nous écrirons à Raschid ed-Din, pour lui demander la raison de sa conduite, et, si c’est seulement par caprice et traîtrise qu’il a ainsi changé d’humeur, nous lui déclarerons la guerre. Direz-vous comme moi, Hugues de Césarée ?

— Sire, vous parlez sagement, et, malgré que j’aie le cœur navré d’avoir vu périr autour de moi tant de braves compagnons, je me soumets à votre avis.

— Faisons comme vous dites, mais faisons vite, sire, dit Raymond ; sinon, il y aurait de la honte sur nous.

— Dès l’éveil, demain, j’adresserai une lettre au prince des Assassins, et un héraut cornera devant son donjon, dit le roi en se levant.

La nuit était venue, très rapide et très profonde entre ces hautes montagnos, et, de tous côtés, dans le camp chrétien, des feux s’allumaient. Entre les pics qui dentelaient le ciel, les étoiles brillaient aussi, et toutes ces lumières, au fond de la vallée, faisaient croire qu’un lac reflétait les astres.