Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/221

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gorge étroite et dont les allures furtives étaient inquiétantes. Il se dissimulait derrière les rochers, regardait tout alentour avant d’avancer, et souvent levait les yeux vers le château de Raschjd ed-Din. Les mouvements du terrain le cachaient par moments ; puis il reparaissait plus proche. Il fut bientôt évident qu’il se dirigeait vers le camp des Francs.

Homphroy posa la main sur le bras de son compagnon :

— Voyez donc, dit-il, ce vieil homme qui vient ici, tout las et suant, comme s’il avait fait une longue route.

— C’est un infidèle, dit Hugues après avoir examiné l’étranger ; il porte le costume des derviches. Que peut-il chercher parmi nous ?

Les deux chevaliers s’étaient levés ; mais le nouveau venu, comme épuisé, s’affaissa sur un tertre, au pied d’un arbre.

— Son âge commande le respect, et il a grand air, malgré son vêtement modeste, dit Homphroy. Nous devons le saluer et lui offrir nos services, puisqu’il est dans notre camp.

Ils s’approchèrent.

— Salut ! hôte étranger, qui semblez arriver de