Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/239

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— Ah ! Madame la Vierge ! s’écria Homphroy, les mains jointes, je construirai une chapelle en votre honneur pour vous remercier d’avoir sauvé mon frère d’armes.

— Que fera-t-il, maintenant ? dit Raymond. Il ne peut ni escalader les murailles, ni forcer les portes. Sa situation est digne de pitié.

— Nous veillerons sur lui pour l’aider, s’il est possible, dit le connétable… Mais voyez donc ! Qu’a-t-il ?… Est-ce qu’il est blessé ? On dirait qu’il perd connaissance.

Hugues avait réussi à se hisser jusqu’à la saillie de rocher qui précédait la poterne. Mais là, comme épuisé, il chancelait, passait la main sur ses yeux, semblait vouloir échapper à un engourdissement. Puis il tomba sur un genou, s’étendit et ne bougea plus.

— Hélas ! est-il mort ? dit Homphroy.

— Non, non, je comprends, s’écria Raymond : il s’endort ! Cet homme qui l’a fait boire là, tout à l’heure : un sectaire déguisé !… Où est-il ? Disparu… Je l’aurais juré ! Tenez, voyez.

Silencieusement, la poterne s’ouvrit ; des Frères de la Pureté parurent.