Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/254

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XV


Raschid ed-Din, un poignard à la main, était debout près du lit sur lequel Hugues de Césarée gisait, inerte. Appuyé du genou au rebord de la couche, ses bras croisés comprimant sa haine, les prunelles fixes, le prophète contemplait le chevalier.

— Le voici donc, songeait-il, celui qui triomphe de moi ! Le premier homme qui m’ait vaincu ! Quelle puérile curiosité me pousse à l’examiner ainsi ? Est-ce pour surprendre sur ses traits le secret de sa victoire ? Peut-être !… Eh bien, je ne vois rien de plus, sur ce visage, qu’une téméraire ardeur de jeunesse, dans ces membres souples, que la grâce et la force ; mais sur le front blanc