Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/26

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de mot en mot et de syllabe on syllabe. Cela fait, nous nous retirâmes, et, presque aussitôt, le calife nous envoya des présents nombreux et magnifiques. » Voilà, seigneur le récit que vous désiriez entendre.

— Oui, dit Amaury en soupirant, et cette alliance n’a pas donné tout le bien que nous espérions. Que de rudes combats ! Que de luttes à l’issue incertaine ! Que de fatigues ! Que de tourments ! Et, aujourd’hui, le jeune calife n’est plus ; la race des Fathimites s’est éteinte en lui, et Saladin a usurpé le pouvoir au nom du calife Abasside résidant à Bagdad. Cependant l’on pourrait encore conquérir l’Égypte ; mais je n’ai pas les forces qu’il faudrait, et mon oncle, l’empereur Manuel Comnène, tarde bien à m’envoyer le secours qu’il m’a promis.

— J’ai reçu son serment, sire, dit Guillaume ; il le tiendra ; la flotte qu’il vous destine appareille peut-être.

— Le ciel t’entende ! s’écria le roi. L’Égypte, c’est là mon souci, mon cuisant désir !

La princesse Sybille, assise sur des coussins, ses belles nattes dorées pendantes sur sa poitrine et jusqu’à terre, avait écouté Hugues avec un