Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/55

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Hugues haussa les épaules en souriant et s’éloigna, sans rien ajouter, tandis que l’écuyer ramassait les cierges et courait pour le rejoindre.

Le comte retournait sur ses pas, et il quitta l’enceinte du Temple par le passage voûté qu’il avait pris pour y entrer ; il voulait refaire, à partir de ce point, le chemin que le Sauveur, si péniblement, avait suivi pour aller à la mort. Il s’arrêta donc au milieu des constructions élevées sur l’emplacement de la forteresse Antonia, à l’endroit où avait été le prétoire de Pilate. Là, Jésus fut condamné, couronné d’épines et chargé de la croix ; de là, il commença la route douloureuse.

Le point où le Maître tomba pour la première fois sous le poids de la croix, est marqué par une antique colonne, cassée en deux et couchée contre une muraille, à l’issue de la rue Josaphat, là où elle se termine dans une rue transversale qui vient de la Porte des Pèlerins. Hugues, prosterné sur le sol, les bras grands ouverts, cria avec véhémence :

— Moi aussi, Seigneur, je porte une croix trop lourde pour ma faiblesse ! Puisque, je ne puis pas la rejeter, fais qu’elle soit, comme la tienne, l’instrument de mon supplice et me donne le repos de la mort !