Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/68

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et les piliers trapus, soutenant la plate-forme artificielle qui prolongeait le sommet du Calvaire en lui donnant une forme régulière, et il gravit l’escalier conduisant dans l’intérieur du sanctuaire, construit sur le lieu très sacré où le Sauveur a rendu l’âme.

Prosterné devant la place même où la croix fut érigée, le chevalier, en pleurant, redit encore une fois son vœu.

Un cercle d’argent entourait le creux dans lequel s’enfonça le bois du supplice ; les fidèles, maintenant, y jetaient leurs offrandes. De chaque côté, la place des deux larrons était marquée dans le sol par un disque de marbre noir.

Le pèlerin se releva, et, pour gagner le chœur de la Basilique, il passa auprès de la fissure miraculeuse qui se forma dans le rocher, au moment où le Seigneur rendit l’esprit, et par laquelle son sang coula, s’infiltra jusqu’à une grotte, sous la montagne, où Noé avait déposé le crâne d’Adam.

Lorsque Hugues plia le genou à cette place vénérable, un rayon de soleil, traversant le vitrail, répandit comme un ruisseau de sang sur le sol et jusqu’à la fissure, où il sembla s’enfoncer. Le