Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/89

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file pour franchir le ruisseau et pénétraient dans l’enceinte du Temple par le double arceau des Portes-Précieuses.

La cour du Pavement scintillait au soleil, toute pleine, d’éclats d’armes et de miroitements d’étoffes, car, sans compter les sergents de la cour des bourgeois et les turcopoles à cheval, qui faisaient la haie, elle était emplie par tous les privilégiés qui, par droit, ou faveur, pouvaient assister à l’audience du roi : les baillis, les vicomtes, les riches bourgeois, les écrivains, beaucoup de dames en belles toilettes.

Les femmes des poulains, comme on appelait, ceux qui étaient nés de mariages entre Francs et femmes indigènes, se faisaient remarquer surtout par la richesse de leurs parures : robes de soie jaune d’or, longs manteaux traînants, voiles de couleurs claires, brodequins dorés serrant leurs pieds, colliers bruissant à leur cou ; des parfums et des fards avivaient leur teint.

Des damoiseaux s’empressaient autour des chevaliers qui mettaient pied à terre, et des esclaves noirs emmenaient les chevaux, glissant et piaffant sur les pierres lisses.

À droite du Temple du Seigneur, dont l’espla-