Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/91

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


sept, ayant à son centre une rotonde portant une coupole et éclairée par deux rangées de vitraux. Quatre gros piliers soutenaient la rotonde, et, entre eux, formant le cercle, un feston d’arcades ogivales posait sur de fines colonnes à chapiteaux corinthiens.

Sous le dôme revêtu d’or, dans cette salle ajourrée, faisant face à la nef du milieu, s’élevait le trône royal. Il était surmonté par un dais magnifique en diaspre d’Antioche, bleu céleste, avec, dans sa trame, des colombes tissées en fil d’or et d’argent. Un tapis de Bagdad couvrait les degrés et une partie du sol, interrompant le dessin de la mosaïque qui représentait une eau transparente, ridée par la brise et toute peuplée de poissons.

Il y avait des bancs pour les évêques, des tabourets pour les barons et les pairs, et, non loin du trône, un fauteuil pour l’ambassadeur. Partout de riches étoffes drapaient les colonnes et l’on voyait se balancer mollement, accrochés aux voûtes, les étendards pris à l’ennemi.

Rapidement, la salle s’emplissait. Le bruit des conversations, des rires discrets, des pas froissant le pavé de mosaïque, répercuté aux voûtes, s’enflait et grondait. Mais le silence, subitement,