Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/95

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Plusieurs frères de l’Hôpital accompagnaient Roger de Moris, entre autres Gerbert, surnommé Assalit, qui était un homme remarquablement magnanime, généreux jusqu’à la prodigalité. Il avait été Grand Maître avant Roger, mais, malgré son immense fortune, gravement endetté, il avait dû renoncer à son grade.

Des hérauts, sortant d’une salle voûtée, située à l’est du transept et qui communiquait avec les salles privées du palais, annoncèrent, aux sons des trompettes, l’arrivée de la cour et du roi. Puis un chevalier parut, portant l’étendard de Jérusalem, blanc à la croix potencée d’or, et, aussitôt, toutes les bannières s’agitèrent, saluant la bannière souveraine.

Amaury s’avança en vêtements royaux, ayant auprès de lui sa femme, la reine Maria Comnène, nièce de l’empereur de Constantinople. Elle souriait, sous sa couronne rayonnante de pierreries, et traînait après elle un manteau splendide, en se dandinant gracieusement, comme une tourterelle.

Avec le roi marchent les hauts dignitaires de la cour. D’abord, le hautain, superbe et arrogant sénéchal, Milon de Plancy, qui ne cède jamais le pas à personne. Il est proche parent du roi, et,