Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/96

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par sa femme, Tiennette de Naplouso, veuve d’Homphroy du Toron, seigneur de la Syrio Sobal. Haut en couleur, noir de poil, l’œil dur, l’air brutal et présomptueux, il parle au roi, tout en marchant, et ricane. Après lui viennent Girard de Pugi, maréchal du royaume ; le chambellan Jean de la Rochelle ; puis Guillaume, archidiacre de Tyr, grand chancelier du royaume, qui va s’asseoir au banc des évêques.

Quelques Templiers entrent en même temps que la cour, car, lorsqu’ils résident à Jérusalem, ils habitent au palais, dopuis que le roi Baudouin leur en a cédé une partie. Ceux-ci sont des chevaliers profès, vêtus de la robo blanche à croix rouge. Sur leur blason, on voit deux frères de la milice du Christ montant le même cheval. Derrière la reine marche la princesse Sybille, les comtesses, et un grand nombre de nobles dames. Puis, en dernier lieu, retardé par quelque jeu, essoufflé et le visage tout rose, le jeune Baudouin, fils du roi, héritier du trône. C’est un enfant de douze ans, aux longs cheveux bouclés, couleur de miel, beau et grand déjà pour son âge ; mais il a un bras inerte et porte en lui, sans que l’on s’en doute encore, le germe d’un mal terrible. Auprès de