Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/98

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rang, avec, par moments, l’éclat pourpré du caftan, lourd de broderies.

Le roi fit quelques pas à la rencontre de l’ambassadeur, qui tenait à la main un rameau d’olivier. Il baisa l’Ismaïlien sur la bouche et le conduisit au siège préparé pour lui, tandis qu’un héraut criait :

— Le seigneur Abou Abd-Allah ! envoyé du très illustre Raschid ed-Din, prince des Sept-Montagnes !

Pendant ce temps, Homphroy s’était glissé auprès de Sybille, qui le regardait fixement, pâle de colère et les lèvres tremblantes.

— Oh ! ma princesse, murmura-t-il, prenez-moi en pitié. Votre courroux m’arrache l’âme du corps. Je suis un larron, c’est vrai ; j’ai dérobé un trésor et rompu votre volonté. Mais ce gage serait trempé de sang s’il était arrivé à son adresse. Votre esclave d’Abyssinie est mon prisonnier, et, pour rançon, je demande sa grâce.

— Je vous hais ! dit Sybille, au risque d’être entendue par la reine.

L’ambassadéur avait refusé les services de l’interprète ; il parlait avec facilité la langue franque, et il expliquait au roi le but de sa mission.