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les cruautés de l’amour

contenait sur le plancher, elle trouva enfin une robe de chambre de velours bleu garnie d’hermine et s’en revêtit ; puis elle releva un peu ses cheveux, jeta sur sa tête un fichu en point d’Angleterre et descendit.

Toute la famille était réunie dans la salle commune et attendait le réveil de la barynia. Lorsqu’elle parut au bas de l’escalier, des cris de joie éclatèrent et Catherine vint baiser la robe de la jeune fille.

— Je me lève bien tard, n’est-ce pas, Katia, et vous m’attendiez pour le dîner ?

— Oh ! il n’est que midi, s’écria la paysanne en levant les yeux sur l’horloge.

Il y avait là deux personnes que Clélia n’avait pas vues la veille.

— Daignez souffrir que je vous présente ma fille et mon gendre, dit Ivan. Elle se nomme Macha et lui Fedor Alexandrovitch. Croiriez-vous qu’ils n’ont rien entendu cette nuit ? Ils se levaient ce matin comme André revenait avec ses chevaux. Il leur a tout conté.

Macha et Fedor contemplaient avec une muette stupéfaction la nouvelle venue qui leur semblait une reine ou une sainte.

— À table ! à table ! s’écria Catherine, la