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DE


L’OBÉSITÉ EN LITTÉRATURE


L’homme de génie doit-il être gras ou maigre ? chair ou poisson ? et peut-il ou non se manger les vendredis et les jours réservés ?

— C’est une question assez difficile à résoudre.

Quand j’étais jeune (ne pas confondre avec le roman du défunt Bibliophile), et il n’y a pas fort longtemps de cela, j’avais les plus étranges idées à l’endroit de l’homme de génie, et voici comment je me le représentais.

Un teint d’orange ou de citron, les cheveux en flamme de pot à feu, des sourcils paraboliques, des yeux excessifs, et la bouche dédaigneusement bouffie par une fatuité byronienne, le vêtement vague et noir, et la main nonchalamment passée dans l’hiatus de l’habit.

En vérité, je ne me figurais pas autrement un