Page:Gautier - Lettre à la présidente, voyage en Italie. 1850.djvu/23

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Filtrant son grès insaisissable
À travers nos cils chassieux,
Le vent recure, avec du sable.
Les casseroles de nos yeux.


Voici nos aventures à Venise : En regardant des jaserons dans une boutique, nous vîmes une jolie fille en chemise, vêtue seulement d’un bout de châle, dont la pointe lui baisait le cul ; point de bas, des savates aux pieds, le téton au vent, un œil qui lui faisait sept fois le tour de la tête, une bouche qui semblait avoir trois rangées de dents, comme les requins, et, à la nuque, un chignon composé d’un tas de nattes, enroulées comme une chaîne d’ancre, sur le tillac d’un vaisseau à trois ponts. Elle s’engueulait avec le bijoutier, à propos d’une bague en or creux, de la valeur de trois ou quatre swanziks, l’appelant chien, fils de vache, maudit, excrément de putain, mouchard, galérien, et allemand, la plus grande injure de toutes. Elle jurait et sacrait par le corps de